vendredi 1 mai 2015

Quand la démocratie impose au
peuple d'élire ses dictateurs...


(La démocratie en question)
• Dérive démocratique
• Démocratophobie
• Contrefaçon linguistique
• Fraude des mots
  • Considérer qu’une démocratie est un régime politique où les élus représentent le peuple, c’est permettre aux dictateurs de se faire élire.
  • Demander au peuple de voter pour élire ses dictateurs, ce n’est pas franchement le signe d’une démocratie. 
  • Mais quand les élus susnommés décident d’imposer au peuple de les élire, il n’y a plus aucun doute sur la nature du régime politique : c’est une dictature qui cherche à se déguiser en démocratie, c’est une imposture démocratique avouée.
Si le régime démocratique ne trouve plus aujourd’hui de définition com­muné­ment admise, c’est parce que la réalité que sous-­tend une démocratie fait très peur à la classe dirigeante, et ce dans tous les régimes politiques sans exception.

Commençons par un petit inventaire des régimes politiques en vigueur à ce jour aux quatre coins de la planète, histoire d’accorder les violons. Sur 193 pays, 136 sont des républiques, 34 des royaumes ou sultanats, 3 des principautés et 9 des unions ou fédérations qui peuvent mélanger plusieurs formes d’États.

Dans les républiques contemporaines, il existe trois principaux régimes politiques, plus un quatrième dont le statut est cor­rompu par deux siècles de mensonges, en­se­veli sous une montagne d’hypo­cri­sies. La contre­façon linguistique est implantée de­puis plus de deux siècles, si bien que tout le monde croit aujourd’hui que l’élec­tion des dirigeants politiques constitue « LE » signe absolu et exclusif de la démo­cratie. Ce qui bien entendu est tota­le­ment faux, puisque l’élection permet aux dicta­teurs d’accéder au pouvoir ; l’histoire l’a sans cesse prouvé, comme il sera montré une fois encore dans la suite de ce billet.

Voyons d’abord quels sont ces quatre régimes politiques :

• Régime présidentiel
• Régime parlementaire
• Régime fédéraliste
• Le quatrième, c’est le régime démo­cra­tique, objet de con­tro­verses et de con­tre­façon en tout genre.
  1. Régime présidentiel :
    Régime politique dans lequel il existe une séparation des pouvoirs exécutif et législatif, avec un Parlement qui fait les lois, mais dans lequel le chef de l’exécutif est fort et stable. On parle de présidentialisme lorsque l’équilibre entre les pouvoirs est rompu, et que le régime consiste en l’hégémonie du président et la réduction des pouvoirs du Parlement.
    ► Lien Wikipédia pour en savoir plus
  2.  Régime parlementaire :
    À l’inverse, on parle de régime parlementaire, lorsque les pouvoirs exécutifs et législatifs sont séparés, mais exercent une influence mutuelle et équilibrée l’un sur l’autre (le Parlement peut engager la responsabilité politique du gouvernement et, à l’inverse, le gouvernement peut dissoudre le parlement) ; sa déviance est appelée régime d’assemblée, qui confère plus de pouvoir à une assemblée qu’une autre.
    ► Lien Wikipédia pour en savoir plus

  3. Régime fédéraliste :
    Système d’organisation, d’administration et de gouvernement dans lequel l’État est organisé en fédération et partage avec les États fédérés les diverses compétences constitutionnelles : législatives, juridictionnelles et administratives.
    Lien Wikipédia pour en savoir plus
    Ces trois premiers régimes politiques se distinguent les uns des autres et s’opposent entre eux, comme le montrent les définitions résumées ci-dessus. Pour plus de détail, suivre les liens vers l’encyclopédie Wikipédia.
  4. Régime démocratique :
    C’est le quatrième régime de la liste. La réalité que sous-tend le mot “démocratie” fait très peur à la classe dirigeante de tous les régimes politiques en vigueur sur la planète. D’où les contrefaçons et les impostures de la classe dirigeante pour corrompre le sens de la démocratie et l’empêcher d’advenir. Et ils y ont tellement bien réussi qu’elle ne trouve plus aujourd’hui de définition communément admise.
    Stricto sensu, le régime démocratique est celui qui donne au peuple la souveraineté, et le pouvoir de faire les lois. C’est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. Pour Jean-Jacques Rousseau, « la souveraineté du peuple ne peut pas être représentée, par la même raison qu’elle ne peut être aliénée, car elle consiste essentiellement dans la volonté générale et la volonté générale ne se représente point ».
Un très lourd contentieux linguistique a fait suite à la Révolution française de 1789. La bourgeoisie à l’origine du complot révolu­tion­naire était foncièrement hostile à la démocratie, redoutant avant tout que le peuple s’empare du pouvoir. À tel point que traiter quelqu’un de démocrate était une insulte. En claire, dès que les bourgeois se sont emparés du pouvoir, ils se sont montrés ostensiblement démocratophobe. C’est ce qui ressort du discours d’Emmanuel Joseph Sieyès prononcé le 7 septembre 1789 :
« Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté parti­cu­lière à imposer. S’ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet État représentatif ; ce serait un État démocratique. Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants. »
De cette citation de Sieyès, on peut déduire une définition de la démocratie, avant les contrefaçons linguistiques qui en ont perverti le sens. Le but était d’amener le peuple à croire que c’est l’élection des dirigeants qui donne au régime politique sa qualité de “démocratie”. Ce qui est une énorme supercherie, bien évidemment. Et la fraude des mots et la contrefaçon lin­guis­tique éclatent au grand jour dans la con­tra­diction entre les articles deux et trois de la constitution :

art.2 
 • La devise de la République est “Liberté, Égalité, Fraternité”.
 • Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

art.3
 • La souveraineté nationale appartient au peuple [qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum].

Si la souveraineté d’un peuple se définit par son pouvoir de déterminer lui-même son statut politique et d’écrire ses lois, on ne voit pas par quel tour de passe-passe une souveraineté pourrait s’exercer par des représentants, comme l’avait si justement souligné Rousseau.

Quant au référendum, le dernier en date (29 mai 2005) démontre que la souveraineté n’appartient qu’aux prétendus représentants du peuple : à la question « Ap­prouvez- vous le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une constitution pour l’Europe ? », le « non » a recueilli 54,68 % des suffrages exprimés. Ce référendum n’a en rien empêché les dirigeants politiques français de ratifier ledit traité.

Conclusion :
La France n’a jamais été une démocratie. Pire encore, la cinquième république est une dictature si bien déguisée en démocratie que (presque) tous les Français sont persuadés vivre dans un pays démocratique. C’est oublier – ou ignorer – que pendant la Révo­lution française, le peuple était considéré par la bourgeoisie comme incapable de se gou­ver­ner lui-même.

En est-il autrement aujourd’hui ?

Non, les choses n’ont pas changé. Peut-être même ont-elles empiré. Ce qui fait la différence, c’est le niveau de vie de la classe moyenne qui donne l’illusion que “tout va bien dans le meilleur des mondes”. Les neuf millions de Français vivant sous le seuil de pauvreté sont pourtant une triste réalité, malheureusement “invisible” dans le paysage où chacun lute pour ne pas perdre son emploi.

Ainsi, la démocratophobie des dirigeants politiques passe inaperçue, tandis que les écrits de la révolution rapportent que le mot “démocrate” était à cette époque un terme péjoratif, une insulte pour désigner les extrémistes qui voulaient donner le pouvoir au peuple. Les démocrates n’ont jamais remporté la partie, notre constitution est née sur un système qui n’était pas du tout voulu comme une démocratie, bien au contraire. 

La bourgeoisie l’a emporté, et plus tard, lorsque le peuple a tenté à deux reprises une nouvelle insurrection (1830 et 1848), les émeutiers ont été durement réprimés dans des bains de sang. Depuis, la République française oscille entre régime parlementaire et régime présidentiel, sans que le peuple n’ait jamais eu gain de cause.  

Aujourd’hui moins encore qu’hier, la classe dirigeante n’est pas du tout disposée à donner la souveraineté au peuple.

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la démocratie en question

Paul Dussert
Paul Dussert

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