jeudi 15 janvier 2015

Chômage de masse = Crime de masse...

(Le billet de Loup Rebel)
« Nul citoyen ne saurait être assez riche pour en acheter un autre, et nul assez pauvre pour être contraint de se vendre »
(Rousseau)
Les inégalités économiques en France perdurent pour une partie croissante de la population, et s’aggravent de façon alarmante. Une misère moderne est née, que désigne l’euphémisme de « grande pauvreté », conséquence d’un chômage de masse, frappant plus de trois millions d’individus, et qui traduit une accentuation de l’inégalité devant l’emploi, la qualification, l’enseignement.


À l'heure où le chômage de masse pousse une partie des Français dans la précarité, jusqu'à l'exclusion totale de familles entières avec enfants se retrouvant à la rue, SDF, l’inégalité devant l'emploi apparaît aux travailleurs comme l’inégalité fondamentale. Les disparités de revenus ne font sans doute que refléter l'un des aspects de l'injustice économique qui creuse l'écart entre les plus riches et les plus pauvres, mais la cause première du problème, c'est que le travail, lié à l'emploi, constitue la source principale des revenus.

sans emploi  =  sans travail  =  sans salaire
chantage à l'emploi  =  droit de vie et de mort
c'est un crime de masse commis en toute impunité

Une étude économique et statistique réalisée par Annie Mesrine, chargée d'études à l'Insee, a mis en lumière un taux de mortalité des chômeurs 2 à 3 fois plus élevé, à âge égal, que dans l'ensemble de la population (télécharger le document PDF sur ce lien : ►La surmortalité des chômeurs : un effet catalyseur du chômage ?◄).

La complicité des gouvernements avec les chevaliers d'industrie coupables de destruction d'emploi au nom du profit est notoire et récurrente sous la Ve République. Il n'est donc pas exagéré d'accuser les responsables politiques au pouvoir de non-assistance à personne en danger, voire de crime de masse.

Ce constat pointe une insoutenable inégalité qui divise les Français en deux catégories dont le statut social est profondément inégal.

D'un côté les salariés de la fonction publique, avec le système du « salaire à vie lié à la personne ». C'est un excellent système, qu'il ne faut surtout pas changer. Au contraire, il faut l'étendre à tous.

De l'autre côté les salariés du secteur privé, avec le système du salaire lié à l'emploi, la peur du licenciement, chantage au chômage et à la précarité, niveau du salaire sujet à la baisse, insécurité sur la pérennité des ressources vitales, etc.

Il serait temps d'aligner tous les Français sans exception sur un régime unique : « le salaire à vie lié à la personne », quel que soit l'emploi, y compris les sans-emploi, dont le nombre ira grandissant dans les années à venir.

Pour ça, il faut changer les croyances qui empêchent de penser autrement qu'à travers le modèle libéral actuel. Ce modèle n'est plus crédible, car il est fondé sur des attentes auxquelles il est totalement illusoire de croire :
  • Croire dans une improbable reprise de la croissance.
  • Croire que les chevaliers d'industrie appellent cette croissance de leurs vœux juste pour créer des emplois, par pure philanthropie, et pas pour s'enrichir toujours plus sur le dos des salariés.
  • Croire que cette croissance ne passera pas par la réduction des coûts, licenciement, baisse des salaires en recrutant là où le marché des esclaves est le plus rentable.
  • Croire à un retour du plein emploi (qui n'a d'ailleurs jamais existé).
  • Et enfin, croire que les salaires du secteur privé ne peuvent qu'être liés à l'emploi.
Autant de mensonges et de fausses croyances, doux rêves que nos élus nous promettent pour se faire élire.


On se souvient les mots du candidat Président en campagne :
  • « Je veux faire rêver les Français ! »
  • « Mon ennemi, c'est la finance ! »
  • « Moi, Président... ! »
  • « etc., etc... »
Là, le rêve tourne au cauchemar... et les Français prennent conscience qu'on les prend pour des cons... Attention là haut, Messieurs les élus, car les Français n'aiment pas du tout, mais alors pas du tout être pris pour des cons !

Il ne peut y avoir d'égalité sociale sans une égalité économique

La souveraineté populaire doit être défendue.
Patronat et banquiers pratiquent le chantage à l’emploi et à la dette pour réduire les droits sociaux. Les gouvernants de droite et de gauche, loin de leur résister, s’évertuent à leur envoyer des « signaux » qui les incitent à réclamer davantage. Est-il possible de briser cette soumission ?

Oui, répond Bernard Friot dans son ouvrage « L'enjeu du salaire ».

L'amalgame entre le travail et l'emploi permet au Patronat de garder la main sur les richesses produites par le « travail » des salariés, et pas par l'emploi. Cette confusion nous donne l'illusion que le PIB (qui mesure la richesse produite) est directement lié au marché de l'emploi, alors qu'il est le fruit du travail. Déconnecter le travail de l'emploi conduit à un système social fondé sur la « qualification », toute notion d'emploi étant abolie. Ce modèle existe : c'est celui en vigueur dans les institutions de la fonction publique, où les salaires sont financés par des prélèvements sur une partie des richesses produites (PIB), et ne sont pas liés à l'emploi, mais à la qualification, définitivement acquise, assurant à chaque agent de la fonction publique un salaire à vie.

Bernard Friot propose de porter plus loin ces institutions qui sont nées des luttes pour le salaire, et dont nous faisons à grande échelle l’expérience de l’efficacité : la qualification personnelle et la cotisation. La qualification personnelle peut faire disparaître le marché de l'emploi, à condition d’attribuer à chacun, à sa majorité, une qualification et donc un salaire. Ce qui va évidemment à contre-courant des projets du Patronat de remplacer la cotisation sociale par la CSG, la TVA ou les mutuelles. Il faut au contraire étendre à l'ensemble des acteurs économiques le modèle actuellement limité aux seules institutions publiques, en créant une cotisation économique pour un financement non seulement de tous les salaires, mais également de l’investissement sans crédit et donc sans dette.

L’enjeu du salaire, c’est la disparition du marché de l'emploi, et donc du chantage à l’emploi, ainsi que la suppression du crédit lucratif, et donc du chantage à la dette. Ce n’est ni d’une réforme fiscale ni d’une plus grande régulation étatique dont nous avons besoin, mais de plus de pouvoir populaire sur l’économie et sur le travail.

Le modèle social existe. En faire un privilège réservé à une catégorie de Français – les salariés de la fonction publique – est non seulement discriminatoire, mais devient criminel dès lors que le plein emploi a été éradiqué par le remplacement du travail de l'homme désormais effectué par les machines et les robots.

Cette petite vidéo permet de comprendre les mécanismes de ce modèle social :
Un droit égalitaire pour tous les Français

Étendre le modèle social déjà en vigueur en France, pour donner à chaque Français un statut unique, égalitaire pour tous, sans laisser personne mourir de froid et de faim.

Dans les trois vidéos présentées ci-dessous, Bernard Friot nous explique l'escroquerie inouïe des investisseurs, qui nous vole une partie de notre travail pour ensuite l'investir. Il nous montre comment la propriété lucrative permet à l'investisseur de spolier les salariés à qui il confisque l'outil de travail pour en faire sa poule aux œufs d'or sur le dos des salariés.
Salaire à vie, pour le travail et contre l'emploi

Résumé d'une conférence de l'économiste et sociologue Bernard Friot, professeur émérite à l'Université Paris Ouest, membre du Réseau Salariat et de l'Institut Européen du Salariat, et auteur de « L'enjeu des retraites »

La révolution du salaire à vie

Bernard Friot, sociologue et économiste, nous montre comment nous pouvons à l'avenir nous réapproprier notre travail et la valeur économique que nous produisons, en nous opposant à la logique du capital et du marché du travail.

Bernard Friot – L'enjeu du salaire

Bernard Friot, économiste à Paris-X et spécialiste des systèmes de protections sociales, présente son livre « L'enjeu du salaire », en mars 2012 à la librairie Tropiques à Paris. Il présente son travail sur la partie du salaire qui est « socialisée » : ce qu'on appelle à tort les « charges sociales » ou « cotisations patronales » qui correspond en réalité au salaire indirect, qui alimente les caisses de sécurité sociale (maladie, retraite...). L'auteur développe dans sa présentation plusieurs de ces idées.
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Loup
Loup Rebel
Loup Rebel

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